LA COMMUNAUTÉ DES ARTISTES

"Antoine et Isobel", l'opéra vivant !

Director's Cat - Décembre 2017, Paris

Non l'opéra ne rime pas avec ennui ! Pour la première fois, DIRECTOR'S CAT s'ouvre à une oeuvre musicale classique et théâtrale pour un orchestre et des chanteurs, basée sur un livret qui met en scène des personnages et leur histoire : ANTOINE ET ISOBEL.

Un projet orchestré par le talentueux compositeur Jean-Philippe DARTOIS qui nous raconte ici la création de cet opéra en 3 actes.

Affiche temporaire de l'opéra en 3 actes "Antoine et Isobel"

[Interview]

Quelle est la genèse de la composition d’ANTOINE ET ISOBEL ? 

Depuis toujours je rêvais de composer un opéra… jusqu’au jour (fin 2012) où une librettiste, Chantal-Rose Scotto, me demanda si j’étais intéressé d’en composer un sur un texte « qui lui tenait à coeur ».

Je lus et relus de nombreuses fois ce livret, à l’époque déjà bien avancé dans l’écriture, et qui n’avait pas encore le nom qu’on lui connaît aujourd’hui.

Je laissai mon subconscient s’en imprégner quelques mois et rencontrai la librettiste au Luxembourg en avril 2013 … puis composai, dans le train qui me ramenait à Paris la première scène de cet opéra qui deviendra Antoine et Isobel.

Commença une passionnante et belle collaboration artistique de près de deux ans. J’ai écrit la musique de cet opéra scène par scène, dans l’ordre du livret. Dès qu’une scène était composée, j’en envoyais une maquette sonore à la librettiste qui était « ravie » et s’ensuivait à chaque fois une communication par Skype où nous parlions de la scène suivante que j’écrivais ensuite.

Quand toutes les scènes furent écrites, je terminai la composition par l’écriture de l’Ouverture, fin 2014.

Ce fut une très belle expérience et toute cette période me laisse un très beau souvenir, un moment unique et assez magique, où deux esprits créatifs se sont rencontrés avec, pour seul objectif, l’écriture de l’opéra. Mon rêve d’écriture s’était réalisé ! 

Pourriez-vous nous présenter votre opéra ANTOINE ET ISOBEL ? 

En résumé : L’opéra débute par un flashback, 20 ans auparavant, belle scène d’amour pur et sincère, où l’on voit deux jeunes amoureux, Anne-Marie et Etienne, faire des projets d’avenir… Anne-Marie n’épousera pas Etienne et choisira Armand pour sa haute position sociale. Etienne, lui, restera fidèle toute sa vie à cet amour de jeunesse. Puis nous revenons 20 ans plus tard… Baptiste, jeune homme dont les parents - Armand, riche industriel, et sa femme Anne-Marie, qu’il délaisse – va rencontrer l’Amour auprès de Isobel, indépendante, moderne, et mère célibataire d’un enfant de huit ans, Antoine. Armand, le père, marqué par son échec sentimental, tentera l’impossible pour le dissuader de s’engager …

Le suspens tient dans cette question : comment réagira Baptiste ? L‘Amour sera-t-il plus fort ? Vous pourrez lire le synopsis et l’argument complets sur le site de l’opéra.

Sur scène, il y a six chanteurs solistes, une voix d’enfant et un choeur mixte.

L’orchestre de 38 musiciens, que dirigera le chef italien Massimiliano Donninelli à la belle carrière internationale, comporte 4 bois, 6 cuivres, 3 percussionnistes, une harpe, une guitare, une vingtaine de cordes et une onde Martenot, instrument électronique avec lequel j’ai donné de nombreux concerts et dont j’ai connu l’inventeur et la première interprète – Maurice et Ginette Martenot dont j’ai été leur élève. 

Ce qui est intéressant dans la constitution de l’orchestre qui donnera ces premières représentations, c’est qu’il comportera à la fois des musiciens professionnels expérimentés et des étudiants en fin de cycle, de très bon niveau et pour qui ce sera la première expérience d’opéra.

La Compagnie Opéra Clandestin participera au projet avec ses chanteurs solistes ainsi que l’EVOC, Ensemble Vocal Création, et leur chef de Choeur Camille Coillet.

C’est Sophie de Guerry, également de la Compagnie Opéra Clandestin, qui fera la mise en scène. Je me réjouis de la participation de tous ces artistes de talent qui apporteront leur enthousiasme, leur engagement et leur amour de l’opéra à ce projet. 

Qu’est-ce qui vous a amené à monter votre propre opéra ?

C’est la première fois, en effet, que je suis porteur de la réalisation matérielle d’un projet artistique de cette ampleur. Dans le monde de la musique dite « classique », un opéra est ce qu’il y a de plus conséquent, de plus lourd à monter et il faut souvent attendre très longtemps avant que les maisons d’opéra puissent les produire car il y a encore peu de créations contemporaines, la priorité étant donnée aux oeuvres du répertoire traditionnel.

Donc, je me suis vite rendu compte qu’il fallait que je prenne les choses en main.

Les premiers essais pour former une équipe, n’ont pas pu aboutir, malgré l’intérêt des théâtres, car le budget était alors trop élevé. Nous avons enfin trouvé une équipe, une organisation, qui permettront enfin à la production de se concrétiser et à l’opéra d’être représenté.

Nous avons besoin d’un coup de pouce financier, pour couvrir les frais d’élaboration du budget, de dossier, de prospection, de chargé de production, de communication, de site, de partitions pour les chanteurs, les musiciens, les choristes, les chefs, etc. D’où notre idée de faire appel au financement participatif... 

Ceci maintenant, un an avant les représentations… Merci à tous ceux qui participeront ! 

Nous espérons aussi trouver quelques mécènes et sponsors… La page du crowdfunding est actuellement en cours de création et sera en ligne en 2018.

Quelles ont été vos inspirations ? 

Je suis formé à la musique classique et romantique, ainsi qu’à la musique contemporaine sérielle et atonale, et en même temps ouvert aux musiques du monde. 

Cet opéra m’a permis de me trouver - ou me retrouver- totalement musicalement et de m’orienter vers une musique qui émane de l’âme et du coeur.

Le style musical de Antoine et Isobel est nourri indiscutablement et principalement de Debussy et Ravel pour ne citer qu’eux, et aussi enrichi de l’apport des oeuvres écrites durant tout le 20ème siècle.

On y trouve aussi une scène joyeuse de style jazzy et une autre, comme la Romance des Amants, où l’influence de l’Espagne se fait sentir, d’où la guitare. 

Pour les novices, qu’est-ce qu’un livret d’opéra ? 

Le livret, dans un opéra, est en quelque sorte le script, le scénario, et les dialogues sur lesquels le compositeur écrit la musique… 

Comment aborde-t-on la composition d’un opéra contemporain ? 

En ce qui me concerne, je me suis laissé longuement imprégner par le livret.

Avant d’aborder la composition de chaque scène, je me suis recueilli un bon moment pour me mettre en état de réceptivité … puis j’ai laissé chanter les mots… enfin j’ai peaufiné l’orchestration…. 

Quelle est la place de l’opéra aujourd’hui ? Quel(s) public(s) visez-vous avec cet opéra ? 

Il y a, depuis quelques années, un regain d’intérêt pour l’opéra. Il est souvent difficile de se procurer des places. Les séances de cinéma, qui diffusent en direct des représentations d’opéra, ont également beaucoup de succès, sans compter les dvd et les diffusions télé ! 

Le langage musical de cet opéra, dont le sujet est actuel et sociétal, se place entre tradition et modernité. Il a la faveur des chanteurs et des chefs d’orchestres et de choeurs. Il s’écoute sans heurter l’oreille de l’auditeur qu’il peut cependant toucher profondément au plexus et offre des surprises musicales suscitant sans cesse l’intérêt. 

Il est destiné, d’une part, au public traditionnel de l’opéra, qui y trouvera à la fois repères et nouveautés, et d’autre part, à un public nouveau qui, attiré par sa modernité, touché et séduit, sera désireux de poursuivre sa découverte et de s’ouvrir au monde lyrique. 

À quoi ressemble la journée de travail d’un compositeur ? 

Il y a une partie de la journée qui ressemble à celle que vit tout être humain : celle de la vie quotidienne liée à la condition humaine. 

En ce qui concerne ma vie de musicien et de compositeur, elle comporte deux aspects. 

Je parlerai d’abord de l’aspect artistique, qui, pour moi, est intimement lié à la réalisation de l’être essentiel, à la vie intérieure et spirituelle. Ma vie est ponctuée de moments de recueillement, de relaxation et de méditation, qui précèdent les moments de composition. 

Puis il y a des moments de « nourriture » artistique : lecture de partitions des grands maîtres, écoute des grands interprètes, concerts, expositions, musées, livres, films, …

Par ailleurs, je note toujours les idées musicales qui me viennent spontanément. J’ai ainsi une collection d’idées, d’harmonies… Je me mets aussi au piano, soit pour improviser et noter au passage ce qui m’a paru intéressant, soit, tout simplement, pour jouer une oeuvre pianistique que j’ai travaillée ou bien que je déchiffre… 

Et bien sûr les moments de composition, intenses… qui parfois me mènent à des heures tardives de la nuit.

Moments souvent de grande plénitude, où l’on se sent relié à quelque chose de plus grand que nous. C’est un peu comme si nous étions un canal à travers lequel la musique passe grâce au travail effectué depuis des années. 

Il y aussi une partie de la journée, en semaine, consacrée à l’enseignement à mes élèves dans mon centre musical. 

Le second aspect, qui n’est pas toujours une zone de confort, est le côté matérialisation de la création.

Il faut faire des dossiers, les envoyer, lire et écrire des mails, des messages, téléphoner, contacter…

Cela prend souvent beaucoup de temps… Puis … de temps en temps : ne rien faire  

 

Quelle musique écoutez-vous en dehors de la musique classique ? 

Tout d’abord, dans ce qu’on appelle la musique classique, il y a beaucoup à écouter, depuis le Chant grégorien jusqu’à la musique d’avant-garde contemporaine !

J’aime beaucoup le jazz et suis émerveillé par le naturel et la spontanéité de grands musiciens de jazz. J’écoute aussi beaucoup de musique du monde : Inde, Japon, Chine et d’autres pays d’Asie et de tous pays.

Je me régale toujours avec une bonne chanson et suis toujours remué par certains morceaux des Pink Floyd de mon adolescence, et toujours charmé par les Beatles pour ne citer qu’eux… 

Conclusion : Faut-il être initié pour apprécier un opéra ? Que diriez-vous pour convaincre les spectateurs de venir découvrir votre oeuvre ? 

Non, il n’est pas nécessaire d’être un initié pour apprécier un opéra ! 

Il y a une très belle initiative de l’Opéra de Paris qui consiste à réserver certaines représentations aux moins de 26 ans, pour le prix d’une place de cinéma. Ces séances ont beaucoup de succès auprès des jeunes pour qui c’est souvent la première expérience dans ce domaine. 

Et, quand on les interroge après la représentation, ils disent qu’ils ont beaucoup aimé, qu’ils ne pensaient pas que ce serait aussi « super » !

Et qu’ils reviendront ! Ceci pourra déjà en convaincre beaucoup de venir découvrir Antoine et Isobel.

 

J’ajouterai que certains extraits ont déjà été donnés en concert, qu’ils ont eu les faveurs du public habituel de l’opéra d’une part et qu’ils ont convaincu ceux qui découvraient cet univers d’autre part. 

Venez en écouter un extrait sur YouTube.

Et puis, venez vous laisser charmer et découvrir la fin : qui va l’emporter ? 

Nous acceptons l'invitation et viendrons avec grand plaisir ! Merci pour cette belle découverte artistique.

Merci à vous Director's Cat de partager notre oeuvre ! 

#directorscat  #AntoineEtIsobel  #Opera

 #DIRECTORSCAT

DIRECTOR'S CAT, la communauté des artiste. #directorscat
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