Nicolas MENTEC, l'interview " À LA BONHEUR ! " 

Director's Cat - Février 2018, Paris

Dans "Il est "tant" de mourir au Bonheur", son premier roman, Nicolas Mentec livre une ode aux humbles philosophes du quotidien que nous sommes tous. Curieux, polyvalent et profondément bienveillant, ce graphiste de formation jongle entre sa passion pour la philosophie, le bénévolat auprès des jeunes en difficulté et ... le nunchaku ! Dans cet entretien, Director's Cat vous emmène entre les pages de son roman, à la recherche de "L'ici et maintenant".

 


[ÉVÉNEMENT - Nicolas Mentec] Dédicace au SALON DU LIVRE DE PARIS 2018 - 
Vendredi 16 Mars de 14h00 à 19h00 - Stand E11-TheBookEdition - Plus d'infos

Disponible sur : 

RÉSUMÉ : 
La cité, un véritable enfer pour notre homme en proie à des tergiversations incessantes sur tout, sur rien. Tant de lieux, de profils atypiques et donc, hélas, d’occasions à l’égarement, l’éloignent du calme de l’esprit et du silence intérieur.


Dans ce dédale, au gré des rencontres, il va croiser un adolescent et un vieil homme. Sur ce parcours initiatique se dépose également un regard furtif, sur ces humbles petits philosophes anonymes du quotidien que nous sommes tous.

Affiche temporaire de l'opéra en 3 actes "Antoine et Isobel"

[Interview]

Quel est ton parcours ? Comment passe-t-on de graphiste / illustrateur en agence de communication à auteur d'un premier roman ? 

Après des études de Graphisme, j’ai suivi une évolution en agences de communication, surfant de petites structures aux moyennes, jusqu’aux grands groupes … 

Pour ce qui est de mon premier roman, le pont ne se situe pas du graphisme au livre. Ce sont plutôt des aspirations et un parcours parallèle personnel qui m’ont fait tendre vers l’écriture.
Bien que, toutefois, chaque expérience participe toujours quelque peu à l’édifice, c’est un tout autre trajet qui m’a conduit à emprunter cette passionnante aventure.


En quoi consiste ton travail auprès des jeunes ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Par le passé, j’ai été successivement animateur puis adjoint-directeur de centres de vacances en France et à l’étranger. Cette proximité et ce partage avec les jeunes m’ont progressivement amené à allier mon enthousiasme à communiquer avec les enfants et les ados à une autre grande passion, la philosophie. 

Pour moi, ce n’est pas un “travail” au sens propre. Le simple fait que mes actions soient totalement bénévoles et dans le seul but de redistribuer ce qu’il m’a été permis d’acquérir participe d’un plaisir inestimable à échanger sans compter.  

Mes actions se situent sur deux niveaux : 

- Dans les écoles, sous forme d’ateliers philosophiques où différents thèmes sont abordés. Les enfants expriment leur avis, leurs accords et désaccords avec leurs camarades sur des sujets aussi divers que le Bonheur, l’Autorité, l’Amitié, et bien d’autres encore. 

- À Argenteuil dans l’aide aux jeunes en recherche d’emploi. Il y a une grande fracture sociale dans ces quartiers car ils sont souvent en très grande difficulté familiale, certains sont en foyer, avec parfois des casiers judiciaires. Vous comprendrez donc aisément l’utilité de tendre la main à ces jeunes, ce geste peu couteux pour nous, à qui la vie a donné des facilités dont d’autres sont hélas dépourvus. 

Dans ce cadre, j’ai parrainé deux jeunes qui ont, depuis, retrouvé un travail. 

Comment as-tu découvert ton amour pour la philosophie ?

Je ne pense pas avoir découvert la philosophie, il me semble bien plutôt que c’est elle qui m’a découvert et dépouillé de mes conditionnements inutiles. 

Chacun tend vers des aspirations propres afin de se positionner par rapport au monde. Certains se plongent corps et âme dans le sport, le Yoga, la religion, la famille, et hélas parfois malgré eux pour certains, vers la dépression.

Pour ma part, mon tropisme à décrypter les relations humaines, ma passion pour la lecture, ma volonté à extraire dans les textes et les citations l’essence des réflexions que d’autres ont menées bien avant nous, ne pouvait que me conduire à cette évidence … la philosophie.
N’ayant pas suivi le cursus universitaire “classique”, c’est en autodidacte que je poursuis ma plongée, et plus particulièrement dans la philosophie antique. Elle offre cet aspect pratique de répondre au réel, et se trouve donc être applicable concrètement  Pour finir, l’avantage de n’avoir emprunté aucun des chemins balisés me donne pourtant une dimension inédite, ma totale liberté de mouvement. Je contribue, sans dépendre de rien ni de personne …   

Peux-tu nous en dire plus sur ta pratique des arts martiaux ?

Une grande passion là aussi. Adolescent, j’ai commencé les arts martiaux par un flagrant manque de confiance en moi, comme quoi, tout s’explique non ? (Rires). Ensuite j’ai pratiqué un grand nombre de disciplines comme la self-defense, le Nunchaku, le Krav Maga, le Jeet Kune Do, la Boxe anglaise et la Boxe française, le Tai-chi chuan style Chen, le Wing chun Kung-fu… etc. Et ce, durant environ 25 ans. Je ne suis plus en club actuellement mais je pratique toujours mon Tai-chi tous les matins ainsi que certaines formes de Kung fu… 

Avec cette pratique, j’ai pu appréhender d’autres facettes de la nature humaine, car j’ai travaillé à l’organisation et à la sécurité sur des concerts en banlieue et aussi au Parc des Princes à Paris.
L’atmosphère dans ces lieux vous oblige à cerner les personnes en une fraction de seconde, et ce, afin de savoir à qui vous avez à faire pour orienter au mieux les énergies. Anthistène le cynique parlait déjà dans l’antiquité de la physiognomonie, le fait d’observer le caractère d’une personne à partir de son physique. Les arts martiaux possèdent leurs propres philosophies, c’est sans doute cela aussi qui m’a séduit.

D'où t'est venue l'idée de ce premier roman ?

Tout cela fait partie de l’ensemble de mes démarches, de toutes les raisons évoquées ci-dessus, la lecture, les expériences et le besoin de partager et d’échanger. J’ai toujours eu l’envie d’écrire. Mais comment débuter, quel sujet de départ ? Puis un jour j’ai trouvé. Un sujet simple pour mon premier roman. Mais pas si léger que ça si on prend le temps d’y regarder de plus près. Vous savez, c’est un peu comme certains proverbes chinois, ou les Haikus japonais. Si vous n’avez aucun vécu à mettre dedans, vous ne pouvez pas en disserter bien longtemps et vous sanctionnez souvent ça par un bref et pratique constat : “Ben oui tout le monde le sait, c’est évident !“. J’adore ce genre de conclusion creuse … (Rires)  

 

Peux-tu nous pitcher l'intrigue ?

C’est un homme de 45 ans, qui serait, dirons-nous, le pire de nous tous, en ce sens qu’il ne peut se soustraire à penser continuellement sur tout ce qu’il observe autour de lui. La ville, avec toutes ses occasions de distraction, ne facilite pas son repos de l’âme. Il va donc prendre une journée pour tenter de ne penser à rien … pour une fois … pari quelque peu raté, toutefois. 

Il va alors croiser la route d’un adolescent et d’un vieillard avec qui il va échanger sur leurs expériences respectives de la vie. Parfois dramatiques et souvent amusantes, ces tranches de vie parlent certainement à chacun de nous selon son parcours personnel.
 

Que signifie le titre de ton roman "Il est "tant" de mourir au bonheur" ?

Il faut en fait le lire dans ce sens : “Mourir au bonheur” est le fait de passer à côté de ce bonheur, comme une expression. Cela doit s'entendre dans le sens de faire mourir son bonheur en ne le voyant pas ou en plaçant son bonheur dans de mauvais choix. 

Partant de là, il y a une lecture orale quand on énonce le titre sans le lire, qu'on entendrait comme “ Il est temps de mourir au bonheur ”, c'est à dire que nous sommes dans une ère ou l'époque nous confirme que nous passons pour la plupart à côté sans le savoir. Mais lorsqu'on le lit à l'écrit, le “Tant” qui est barré, se lit comme une faute, une réalité à éliminer. Qui se lit dans ce cas comme, “ Il est tant de mourir au bonheur ”, il y a tant de raisons de mourir au bonheur.

Pour conclure on se retrouve avec 2 propositions : 

“ Il est temps de mourir au bonheur ” qui évoque un moment, cette époque, qui nous éloigne de notre propre bien être en nous assurant le plaisir pour du bonheur, l'avoir au lieu de l'être. 

Et, “ Il est tant de mourir au bonheur ”, une notion de quantité qui nous évoque toutes ces occasions et ces distractions qui nous éloignent de notre propre bien être sans pourtant en avoir l'air.

Si on prend donc “Mourir au bonheur” pour une formule, le titre se lit beaucoup plus clairement… 

Nous avons donc déjà dans le titre, qui même s'il ne paraît pas très accessible au premier abord, une invitation à la réflexion.

Quelles sont les thématiques centrales du roman ?

La thématique principale, c’est le Bonheur. D’aucuns diraient que ces échanges pourraient être de l’ordre des discussions du café du commerce, mais on y trouvera bien plutôt une ode aux petits philosophes anonymes du quotidien : nous-mêmes. Ce triptyque des âges nous donne à aborder des sujets comme le bonheur, l’amour, les réseaux sociaux, les autres …
Bien qu’on ne puisse pas toujours être d’accord avec tout, ce qui est déjà philosophiquement un bon début, ce roman se veut une invitation à démarrer positivement la réflexion. Je n’ai pas pris le pari de la philosophie pure, j’ai surtout voulu aborder ce qui peut parfois traverser tout un chacun. 

Et qu'en retire le lecteur, d'après-toi ?

À dépasser un peu la doxa, l’opinion publique, pour tenter de penser un peu plus par soi-même, et surtout d’ouvrir la vraie communication profonde avec l’autre. Je suis convaincu que le dernier tiers du roman nous porte vers une sorte de sérénité, qui, même si elle ne donne pas de clefs définitives nous laisse avec un état d’esprit positif. La fin du roman sonne le glas d’un pas vers le bonheur et du plaisir d’échanger et de communiquer sincèrement avec tous.

Quel choix as-tu fait dans la forme de ton roman ?

Le dialogue plutôt que la description, car avec ce procédé on entre en immersion totale et il nous reste toujours quelque chose, un état d’esprit, comme lorsqu’on a eu une bonne vraie discussion profonde et chaleureuse entre amis. 

Quel a été le parcours de ce roman ?

Après l'envoi de plusieurs manuscrits, j'ai eu deux rendez-vous avec des professionnels de l'édition qui voulaient publier mon roman. J'ai pourtant dû décliner leurs offres. Je pense qu'il doit y avoir un minimum de coup de cœur entre un écrivain et son éditeur, une compréhension qui marque un intérêt minimum pour ce qui fait la teneur d'un roman, son contenu. Ce n'était pas le cas, et comme je fais confiance à mon instinct, je n'ai pas donné suite.

 

Ces deux rendez-vous furent des coups d'épée dans l'eau … d'où ma réorientation vers l'auto-édition.

J'ai donc dû prendre en charge ce qui fait habituellement le rôle de l'éditeur, à savoir : l'impression du roman chez un imprimeur avec page d'achat en ligne, la mise en ligne de mon livre en format eBook sur le site de la FNAC, l'impression de Flyers, de cartes de visites, la mise en ligne d'un Blog.
Une fois ces supports disponibles, j'ai ensuite contacté des journaux comme Ouest-France ou Le Télégramme (Je suis Breton), des hebdomadaires de ma région d'origine dans les environs de “Quimperlé”.
J'ai également contacté des journaux locaux, et j'ai participé au Salon du Livre de Saulieux en Octobre dernier.

 

Le parcours d’auteur indépendant m’a permis de découvrir toutes les ficelles de la conception d’un livre jusqu’à sa diffusion, du manuscrit à la maquette, et de l’ISBN au Dépôt Légal à la Bibliothèque Nationale de France.

Un grande aventure qui m'a conduit jusqu'à DIRECTOR'S CAT pour me permettre de diffuser un peu mieux mes informations et notamment sur la toile, ce qui me demanderait un temps supplémentaire que je n'ai pas.
 

Après tout ce périple, mon roman est donc en vente en version papier sur le site de TheBookEdition.com

Et en format eBook sur le site de la FNAC.

Quels sont tes projets ?

Je travaille actuellement sur mon deuxième roman, mais cela, c’est une toute autre histoire …

Un dernier mot ?

Je voudrais souligner pour finir la belle initiative de DIRECTOR'S CAT qui œuvre à la promotion des auteurs de tous horizons et notamment de régions plus ou moins éloignées de Paris. Car oui, il y a des énergies partout, dans nos banlieues, dans nos provinces, et il faut une alternative à la centralisation car, sachez-le …

Tout ne se passe pas à Paris !

Merci Nicolas ! C'est un plaisir pour nous  ^^

Article by Dorian Masson, Membre actif DIRECTOR'S CAT      
#directorscat  #NicolasMentec  #Roman  #Philosophie 

              [AVIS LECTEURS] 


Zorah M : "Nicolas MENTEC m'a entraînée, avec un réel "bonheur" au fil de ses réflexions qui m'ont ravies et intriguées, tant ce livre m'a ouvert les yeux sur ce qu'est la philosophie, cet ensemble de réflexions. L'auteur manie les mots et les sentiments à merveille...Un peu comme une partition qui me poursuit..... J'ai aimé la rencontre improbable entre ce "gamin" et l'auteur qui a su faire une transition fluide avec la rencontre et la discussion sur la vie et sur la recherche du bonheur....J'avoue que j'ai aimé encore plus le "vieil homme", et l'auteur attablés autour d'un verre comme de vieux amis ensemble et la pertinence de vraies joutes verbales.... Seul petit bémol, j'aurais aimé que ça ne s'arrête pas ... Un adjectif me vient à l'esprit : Pertinence mais aussi dérision .....philosophique. Et puis la parenthèse entre le chemin qui mène l'auteur entre le jardin et le pub, est un formidable trait d'union.... A lire absolument pour découvrir que la philosophie avec Nicolas MENTEC est à la portée de tous..avec des échanges teintés d'humour, de jeunesse et tellement justes, si l'on prend le temps de lire....Une Ode à la joie. Un seul mot pour résumer : GENIAL !"

Anne C : "Roman initiatique qui nous entraîne dans les pas d'un homme tiraillé entre sa condition d'humain et ses aspirations à comprendre le monde qui l'entoure. Au fil d'une journée, de rencontre en rencontre, il va peu à peu trouver quelques réponses lui permettant d'apaiser son questionnement intérieur incessant. Alternant les styles et les rythmes, les pensées philosophiques et le langage parlé, ce roman foisonnant suggère très justement qu'il faut parfois savoir se perdre en chemin pour trouver des raisons d'avancer."
 

                Pour contacter Nicolas Mentec - Cliquez ici  

 

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